Retour sur le procès du 1er février 2021

Vincent :

J’ai défendu mon acte de désobéissance comme une action civique symbolique alertant sur l’urgence de rompre avec un système qui nous détruit.

Face à l’ampleur du crime climatique engagé, nous allons devoir sortir collectivement du cadre structurel qui nous est imposé.

Face aux juges, j’ai pris pour exemple la reconstruction des différents pays européens après 1945. Cette reconstruction d’ampleur a été possible grâce à la création monétaire massive décidée souverainement par les États pour relancer l’économie de l’époque. Cela a permis de mobiliser l’ensemble des énergies humaines pour sortir du chaos. Cela a mené à la période faste des « trente glorieuses », sans se soucier de l’inflation générée.

Nous avons besoin d’un plan encore bien plus puissant pour transformer radicalement nos modes de production, de distribution et de consommation, si nous voulons relever d’ici 2050 les énormes défis écologiques, sociaux et humains qui s’imposent à nous.

Nos petits enfants ne pourront pas le faire.
Cette responsabilité vitale pour l’humanité
est celle de notre génération.

Pourtant aujourd’hui, la Banque Centrale Européenne BCE, qui seule peut engager les milliers de milliards d’euros nécessaires par an durant les décennies à venir, n’est sous le contrôle d’aucun processus démocratique. Les citoyennes et les citoyens ont donc le devoir de reprendre le pouvoir, particulièrement sur cette création monétaire devenue la « poule aux œufs d’or » des grandes banques privées.

Nous avons besoin de cette prise de pouvoir sur les « puissances de l’argent » pour construire un avenir souhaitable, pacifique et juste sur une Terre sauvegardée pour les générations futures.

Se saisir du portrait présidentiel, symbole du pouvoir démocratique qui devrait être au service de l’intérêt collectif et qui ne l’est pas, et le brandir lors des manifestations sociales et pour le climat, a été notre moyen d’affirmer cette nécessité de reprendre les rênes sur notre devenir commun.

Concernant cet acte de désobéissance civique non-violent, résolument symbolique compte tenu de son très faible préjudice, les avocats ont défendu la liberté d’expression, un des piliers majeurs de nos démocraties. La cours européenne des droits de l’homme protège ce droit à la liberté d’expression. Au nom de ce droit, plusieurs jugements ont confirmé qu’on ne peut pas incriminer ce type d’acte, même illégal.

Le verdict à Saint-Étienne sera rendu le 1er mars…

Voir aussi le rapport d’audience publié par Le Progrès

+ Vidéo présentant les motivations soutenant l’action