Il baisse sa pompe à chaleur à 16 degrés chaque matin avant de partir : en janvier, son compteur électrique affiche 40 % de plus

Il baisse sa pompe à chaleur à 16 degrés chaque matin avant de partir : en janvier, son compteur électrique affiche 40 % de plus

Il est six heures quarante, la buée couvre encore la vitre de la cuisine à Marly, au sud de Metz. Julien, 44 ans, avale son café debout, les clés de la voiture déjà dans la main. Avant de sortir, il appuie trois fois sur la flèche du thermostat mural. L'écran passe de 21 à 16 degrés, avec un petit bip satisfait.

Il taille lui-même le thuya du voisin qui étouffe ses tomates : une semaine plus tard, une lettre recommandée l'accuse d'avoir abîmé la haie

Il taille lui-même le thuya du voisin qui étouffe ses tomates : une semaine plus tard, une lettre recommandée l’accuse d’avoir abîmé la haie

Un samedi de juin, vers sept heures, la rosée collait encore aux feuilles des courgettes. Gérard a tiré l'échelle de la remise, le sécateur dans la poche de son bleu de travail. Au-dessus des tomates, les branches du thuya voisin pendaient comme un rideau sombre. Il a coupé la première d'un coup sec, et le parfum résineux a envahi le jardin.

Il remplace ses vieux convecteurs par des radiateurs à inertie près de Clermont : l'hiver suivant, sa facture d'électricité baisse de quarante euros seulement

Il remplace ses vieux convecteurs par des radiateurs à inertie près de Clermont : l’hiver suivant, sa facture d’électricité baisse de quarante euros seulement

Le compteur Linky clignotait dans le cellier, une petite lumière verte au-dessus des bocaux de confiture. Il était sept heures, un matin de février, et Bernard, 64 ans, tenait sa facture annuelle d'une main, sa tasse de café de l'autre. Dehors, le givre blanchissait les prés qui descendent vers Riom. Il relisait le chiffre pour la troisième fois, sans comprendre.

Elle mélange vinaigre blanc et bicarbonate dans un flacon pour doubler la force : l'évier reste entartré malgré la mousse qui déborde chaque matin

Elle mélange vinaigre blanc et bicarbonate dans un flacon pour doubler la force : l’évier reste entartré malgré la mousse qui déborde chaque matin

Sept heures et quart, la bouilloire siffle dans la cuisine de Claire, 44 ans, à Montreuil. Elle secoue un flacon pulvérisateur, le pose au bord de l'évier, et une mousse blanche grimpe dans le goulot avec un petit chuintement. Elle sourit. Sur l'inox, autour de la bonde, les auréoles grises de calcaire attendent, exactement comme la veille, exactement comme la semaine dernière.

Il ouvre enfin le nichoir des mésanges au fond de son jardin alsacien : trois ans de vieux nids tassés grouillaient de minuscules bestioles

Il ouvre enfin le nichoir des mésanges au fond de son jardin alsacien : trois ans de vieux nids tassés grouillaient de minuscules bestioles

Fin octobre, neuf heures du matin, une brume légère traîne encore entre les rangs de vigne derrière la maison. Gérard pose l'escabeau contre le vieux poirier, le métal grince sur la terre humide. Il dévisse le petit toit du nichoir avec un tournevis émoussé. Une odeur de poussière et de feuilles mortes monte aussitôt, et quelque chose bouge sous ses doigts.

Elle verse du vinaigre blanc dans chaque lessive depuis deux ans : le technicien venu pour une fuite lui montre le joint du hublot

Elle verse du vinaigre blanc dans chaque lessive depuis deux ans : le technicien venu pour une fuite lui montre le joint du hublot

Le programme coton venait d'entamer son essorage, et la machine tremblait contre le mur de la buanderie. Il était sept heures et demie, un mardi de novembre, près de Niort. Claire, pieds nus, a posé la main sur le carrelage pour ramasser une chaussette. Le sol était froid, et mouillé. Une petite flaque claire s'étirait sous le hublot, sans bruit.

Il achète un pot de miel orné d'une ruche bretonne près de Brest : au dos, quatre pays d'origine et aucun ne se trouve en Europe

Il achète un pot de miel orné d’une ruche bretonne près de Brest : au dos, quatre pays d’origine et aucun ne se trouve en Europe

Samedi, dix-sept heures, le parking du supermarché de Guipavas luisait encore de la dernière averse. Yannick poussait son caddie d'une main, l'autre tenant la liste griffonnée par Soizic au dos d'une enveloppe. Au rayon petit-déjeuner, une musique d'ascenseur couvrait le bip lointain des caisses. Il a attrapé un pot de miel sans réfléchir, séduit par une ruche dessinée et un champ de coquelicots.

Elle paille ses fraisiers avec les feuilles du grand noyer de Cahors : au printemps, les plants restent minuscules et ne donnent presque aucune fleur

Elle paille ses fraisiers avec les feuilles du grand noyer de Cahors : au printemps, les plants restent minuscules et ne donnent presque aucune fleur

Le râteau grattait la terre sèche sous le grand noyer, avec ce bruit de papier froissé que font les feuilles d'octobre. Il était un peu plus de quatre heures, le soleil bas traversait la haie de charmes. Josiane, 67 ans, s'arrêtait parfois pour souffler, les mains glacées dans ses gants troués, et regardait le tas brun grossir près de la brouette.

Elle garde les graines de ses plus belles tomates près d'Avignon : l'été suivant, ses plants donnent des fruits minuscules et dépareillés

Elle garde les graines de ses plus belles tomates près d’Avignon : l’été suivant, ses plants donnent des fruits minuscules et dépareillés

Il était sept heures, et le mistral faisait claquer la toile du parasol replié contre le mur. Josiane, 67 ans, s'est penchée sur le rang de tomates, un sécateur dans la poche du tablier. Elle a soulevé une feuille, puis une autre. Sous le feuillage, quelques fruits verts, petits comme des noix, attendaient encore. Fin juillet, près d'Avignon, cela n'arrivait jamais.

Il attrape un torchon pour chasser l'intruse de son salon : ce qui tournait sous sa lampe cherchait simplement un endroit où dormir

Il attrape un torchon pour chasser l’intruse de son salon : ce qui tournait sous sa lampe cherchait simplement un endroit où dormir

La télévision murmurait un match de rugby, le poêle à granulés cliquetait doucement dans l'angle du salon. Il était un peu plus de dix-neuf heures, ce soir de fin octobre, à Romagnat, au-dessus de Clermont-Ferrand. Thierry, 54 ans, a d'abord cru à un papillon de nuit. Puis l'ombre a frôlé l'abat-jour, a viré net, et il a compris qu'elle avait des ailes de cuir.

Elle vend quarante vêtements de ses enfants près de Rouen : en janvier, un mail lui annonce que ses ventes sont parties au fisc

Elle vend quarante vêtements de ses enfants près de Rouen : en janvier, un mail lui annonce que ses ventes sont parties au fisc

Un mardi de janvier, vers sept heures, la bouilloire sifflait dans la cuisine d'une maison de Bois-Guillaume, sur les hauteurs de Rouen. Claire, 41 ans, faisait défiler ses mails d'une main, l'autre cherchant un bol propre. Entre une facture d'électricité et une relance de cantine, un objet de message la fit s'arrêter net : vos informations de vente ont été transmises à l'administration fiscale.

Elle accueillait des coccinelles au potager depuis trois printemps : fin octobre, des dizaines tapissent sa fenêtre et ce ne sont pas les siennes

Elle accueillait des coccinelles au potager depuis trois printemps : fin octobre, des dizaines tapissent sa fenêtre et ce ne sont pas les siennes

Il était un peu plus de quinze heures, ce dernier jeudi d'octobre, et le soleil tapait encore sur la façade. Hélène, 58 ans, rinçait une casserole quand elle a entendu un petit cliquetis contre la vitre de la cuisine. Elle a levé les yeux. Sur le cadre blanc de la fenêtre, des dizaines de points orangés remuaient lentement, serrés les uns contre les autres.

Il pose chaque soir une soucoupe de lait pour le hérisson du jardin : un matin d'octobre, il découvre des traces de diarrhée sur les dalles

Il pose chaque soir une soucoupe de lait pour le hérisson du jardin : un matin d’octobre, il découvre des traces de diarrhée sur les dalles

Il était un peu plus de vingt heures, et la lumière de la cuisine découpait un rectangle jaune sur la pelouse humide. Gérard, 68 ans, poussa la porte-fenêtre avec le coude, une soucoupe de lait tiède dans la main. Il la posa près du tas de bois, au pied du noisetier. Au loin, un chien aboyait, puis les feuilles mortes se mirent à craquer.

Ils quittent Paris pour une longère dans le Perche et veulent faire taire le coq : le voisin était là bien avant eux, et la loi aussi

Ils quittent Paris pour une longère dans le Perche et veulent faire taire le coq : le voisin était là bien avant eux, et la loi aussi

Il était cinq heures et deux minutes quand le premier cri a traversé les murs de pierre. Claire a ouvert les yeux dans le noir, la couette remontée jusqu'au menton, l'odeur de plâtre frais encore dans la chambre. Dehors, rien ne bougeait, sauf ce chant aigu, obstiné, qui revenait toutes les quarante secondes. À côté d'elle, Julien comptait déjà les jours jusqu'au week-end.

Il prend sa retraite près de Pau en septembre : dès octobre, sa femme ne supporte plus de le trouver chaque midi dans sa cuisine

Il prend sa retraite près de Pau en septembre : dès octobre, sa femme ne supporte plus de le trouver chaque midi dans sa cuisine

Il était midi moins dix, et la cocotte commençait à chuchoter sur le feu. Par la fenêtre de la cuisine, à Lescar, près de Pau, Martine voyait les Pyrénées se découper sous un ciel d'octobre très net. Derrière elle, une chaise a raclé le carrelage. Bernard venait de s'asseoir, le journal plié sous le bras, et elle a senti ses épaules se raidir.

Il choisit son lave-linge près d'Orléans pour une note de 9 sur 10 : en magasin, le même modèle affiche un autre logo et une autre note

Il choisit son lave-linge près d’Orléans pour une note de 9 sur 10 : en magasin, le même modèle affiche un autre logo et une autre note

Samedi, dix heures et quart, zone commerciale de Saran. Sous les néons du rayon gros électroménager, les hublots alignés renvoient la lumière comme des yeux ronds. Thierry passe la main sur un capot blanc, sa fille Camille derrière lui, téléphone à la main. Il cherche l'étiquette qu'il connaît par cœur. Il trouve un logo qu'il n'a jamais vu, et une note qui ne colle pas.

Elle accroche une clochette au collier de son chat près de Quimper : six mois plus tard, il rapporte toujours autant de rouges-gorges sur le paillasson

Elle accroche une clochette au collier de son chat près de Quimper : six mois plus tard, il rapporte toujours autant de rouges-gorges sur le paillasson

Il était six heures et quart, le jour pointait à peine sur les haies d'Ergué-Gabéric. Maïwenn a entendu la chatière claquer, puis ce petit bruit mat sur le carrelage de l'entrée. Elle savait déjà. Sur le paillasson, entre les bottes en caoutchouc, gisait un rouge-gorge, la poitrine orange encore tiède. Au collier de Pirate, la clochette neuve pendait, parfaitement silencieuse.

Il étale chaque samedi sa tonte au pied des tomates près de Niort : quinze jours plus tard, une odeur d'ammoniac monte du potager

Il étale chaque samedi sa tonte au pied des tomates près de Niort : quinze jours plus tard, une odeur d’ammoniac monte du potager

Samedi, dix heures, la tondeuse s'arrête enfin dans un dernier hoquet derrière la maison de Bernard, près de Niort. Il vide le bac vert, encore tiède, dans la brouette. L'herbe sent bon, cette odeur sucrée de juin qu'on connaît tous. Il pousse la brouette jusqu'aux tomates, s'accroupit, et commence à tasser l'herbe à pleines mains au pied des plants.

À 62 ans, il ouvre enfin son relevé de carrière près de Clermont-Ferrand : quatre étés de saisonnier dans les années 1980 n'y figurent nulle part

À 62 ans, il ouvre enfin son relevé de carrière près de Clermont-Ferrand : quatre étés de saisonnier dans les années 1980 n’y figurent nulle part

Le café refroidissait dans la tasse ébréchée, la pluie tapait contre la véranda de Romagnat. Il était un peu plus de neuf heures, ce mardi de mars, et Bernard, 62 ans, faisait défiler lentement l'écran de la tablette avec l'index. Il cherchait l'été 1984, celui des abricots dans la Drôme. Il ne le trouvait pas.

Elle pose de longs rideaux épais dans son salon près de Besançon : le radiateur chauffe au maximum et la pièce reste à 17 degrés

Elle pose de longs rideaux épais dans son salon près de Besançon : le radiateur chauffe au maximum et la pièce reste à 17 degrés

Il est dix-huit heures, un mardi de novembre, et la nuit est déjà tombée sur les toits de Montfaucon, au-dessus de Besançon. Martine tire d'un geste ample les grands rideaux de velours bordeaux, qui glissent sur leur tringle avec un frottement doux. Le tissu tombe jusqu'au parquet. Elle pose la main sur le radiateur, brûlant, puis s'enroule dans un plaid en frissonnant.

Elle nettoie chaque matin son plan en marbre au vinaigre blanc : un mois plus tard, des auréoles mates apparaissent là où elle frotte le plus

Elle nettoie chaque matin son plan en marbre au vinaigre blanc : un mois plus tard, des auréoles mates apparaissent là où elle frotte le plus

Sept heures et quart, près de Nîmes. Le soleil entre de biais par la fenêtre de la cuisine et glisse sur le plan de travail en marbre blanc. Hélène vaporise trois jets de vinaigre, le petit sifflement du pulvérisateur couvre un instant la radio. Elle frotte en cercles, comme chaque matin, puis s'arrête net : sous la lumière rasante, une tache grise et mate refuse de briller.

Elle ajoute des cristaux de soude à chaque lessive près de Nancy : son pull en laine ressort rêche et rétréci de deux tailles

Elle ajoute des cristaux de soude à chaque lessive près de Nancy : son pull en laine ressort rêche et rétréci de deux tailles

Samedi, neuf heures, dans une petite maison de Laxou, sur les hauteurs de Nancy. La machine termine son essorage avec un dernier hoquet métallique, la buanderie sent le linge chaud et le café froid. Claire ouvre le hublot, tire une manche grise, puis s'arrête net. Le pull qu'elle tient entre ses doigts est raide comme du carton, et il a perdu deux tailles.

Il ferme ses volets jour et nuit tout l'hiver près de Dijon : sa facture de chauffage grimpe de 180 euros en une saison

Il ferme ses volets jour et nuit tout l’hiver près de Dijon : sa facture de chauffage grimpe de 180 euros en une saison

Sept heures et demie, un mardi de janvier, à Chenôve. Dans la cuisine de Gérard, 67 ans, la lampe du plafond brille comme en pleine nuit. Les volets roulants sont baissés, comme la veille et l'avant-veille. La chaudière ronronne derrière la porte du cellier, la radio annonce moins deux degrés sur la Côte-d'Or, et Gérard remplit sa tasse en se félicitant d'être bien à l'abri.

À 68 ans, près de Limoges, elle répond à son conseiller bancaire : trois minutes plus tard, 3 200 euros ont quitté son compte

À 68 ans, près de Limoges, elle répond à son conseiller bancaire : trois minutes plus tard, 3 200 euros ont quitté son compte

Mardi, dix heures passées, la bouilloire sifflait encore sur la gazinière quand le téléphone a vibré contre la toile cirée. Monique, 68 ans, a reconnu le numéro de son agence, à Limoges, celui qu'elle compose depuis vingt ans. Une voix d'homme, calme, polie, lui a annoncé qu'un virement suspect partait de son compte. Il fallait agir vite, ensemble, tout de suite.