Elle prend son café sur sa terrasse près d'Angers chaque matin : trois semaines plus tard, elle découvre l'objectif braqué sur sa table

Elle prend son café sur sa terrasse près d’Angers chaque matin : trois semaines plus tard, elle découvre l’objectif braqué sur sa table

Sept heures et quart, un mardi de mai, à Avrillé. Sylvie pose sa tasse sur la table en fer de la terrasse, le bois des lattes encore humide sous ses pantoufles. De l'autre côté de la haie de lauriers, une perceuse s'arrête net. Elle lève les yeux et voit, accroché au pilier du portail voisin, un petit boîtier blanc qui la regarde.

Il signe le devis de son poêle à granulés et laisse l'artisan commencer le jour même : trois semaines plus tard, sa demande d'aide est refusée

Il signe le devis de son poêle à granulés et laisse l’artisan commencer le jour même : trois semaines plus tard, sa demande d’aide est refusée

Le camion blanc s'est garé devant la maison à sept heures et demie, moteur encore tiède dans le froid de novembre. Dans la cuisine, Patrick, 64 ans, tenait sa tasse à deux mains pendant que l'artisan dépliait le devis sur la toile cirée. Un stylo bille a gratté le papier. Dehors, quelqu'un déchargeait déjà les tubes d'acier, et le bruit métallique résonnait dans la cour.

Il se lève à 6 heures pour courir depuis la rentrée près de Caen : fin octobre, une semaine ratée suffit à le convaincre qu'il manque de volonté

Il se lève à 6 heures pour courir depuis la rentrée près de Caen : fin octobre, une semaine ratée suffit à le convaincre qu’il manque de volonté

Il est 5 h 52, le radiateur de la chambre cliquette encore, et Thomas a déjà posé un pied sur le parquet froid. Dans le couloir, ses baskets attendent contre la porte, lacets ouverts. Dehors, à Hérouville-Saint-Clair, la rue est noire et mouillée. Depuis la rentrée, il court chaque matin. Fin octobre, pourtant, il va rester couché une semaine entière.

Elle commande un téléphone neuf parce que l'ancien s'éteint avant midi : au marché, le réparateur lui montre la batterie gonflée

Elle commande un téléphone neuf parce que l’ancien s’éteint avant midi : au marché, le réparateur lui montre la batterie gonflée

Il était onze heures quarante, et le téléphone de Camille affichait déjà sept pour cent. Dans la cuisine de sa petite maison de Camon, près d'Amiens, le chargeur pendait au bout de la rallonge, entortillé autour du grille-pain. Elle a soupiré, branché l'appareil, puis ouvert l'application de son opérateur. Le nouveau modèle était là, en promotion, avec un bouton vert qui clignotait doucement.

Veuve depuis le printemps, Monique attend sa pension de réversion près de Carcassonne : en octobre, son compte bancaire n'a toujours rien reçu

Veuve depuis le printemps, Monique attend sa pension de réversion près de Carcassonne : en octobre, son compte bancaire n’a toujours rien reçu

Le facteur passait vers onze heures, toujours dans le même ordre : la boîte de la voisine, le portail qui grince, puis la sienne. Monique l'entendait depuis la cuisine, une tasse de café tiède entre les mains. Ce mardi d'octobre, près de Carcassonne, elle a ouvert l'enveloppe de la banque debout dans l'allée. Elle a suivi les lignes du doigt, deux fois.

Il visse un kit solaire sur son balcon près de Marseille : trois mois plus tard, son voisin électricien lui pose une question sur Enedis

Il visse un kit solaire sur son balcon près de Marseille : trois mois plus tard, son voisin électricien lui pose une question sur Enedis

Le soleil tapait déjà sur la rambarde à huit heures, et la perceuse de Gilles résonnait dans toute la cour de la résidence. Accroupi sur son balcon d'Aubagne, une vis entre les lèvres, il fixait le cadre d'un panneau solaire acheté en ligne. À ses pieds, le carton éventré, la notice pliée en quatre, et un câble noir qui attendait sa prise.

Elle adopte un chaton pour égayer sa vieille chatte près de Poitiers : quinze jours plus tard, c'est l'aînée qui urine sur le canapé

Elle adopte un chaton pour égayer sa vieille chatte près de Poitiers : quinze jours plus tard, c’est l’aînée qui urine sur le canapé

Il est sept heures, la bouilloire siffle dans la cuisine de Ligugé et la pluie tapote le velux. Martine pose sa tasse, s'approche du canapé gris et s'arrête net. Une odeur âcre, une auréole sombre sur le coussin de gauche, celui où dort Praline depuis quatorze ans. Le chaton, lui, joue avec un lacet au milieu du tapis.

Il paie ses œufs plus cher pour une boîte ornée d'une prairie : sur la coquille, le premier chiffre imprimé est un 2

Il paie ses œufs plus cher pour une boîte ornée d’une prairie : sur la coquille, le premier chiffre imprimé est un 2

Samedi, neuf heures et quart, la poêle grésille déjà sur la plaque. Julien, 41 ans, casse le premier œuf d'un geste sec contre le bord, la coquille craque, le jaune glisse dans le beurre. Sa fille Inès, sept ans, retourne la demi-coquille entre ses doigts et plisse les yeux. Papa, pourquoi il y a écrit 2FR dessus, alors que la boîte dit fermiers ?

Elle emmène ses petits-enfants nourrir les canards chaque mercredi près de Bourges : un jeune caneton traîne désormais une aile tordue vers le ciel

Elle emmène ses petits-enfants nourrir les canards chaque mercredi près de Bourges : un jeune caneton traîne désormais une aile tordue vers le ciel

Le sac en papier craquait sous les doigts de Lilou, quatre ans, pendant que son frère courait déjà vers la berge. Il était un peu plus de quinze heures, ce mercredi de mai, et l'étang sentait la vase tiède. Monique fermait la portière de sa Clio en souriant. Puis elle a vu le panneau vert, planté de travers près du ponton, encore brillant de neuf.

Il envoie la facture du couvreur à son voisin au platane : la réponse arrive en trois lignes polies, et elle cite un article du Code civil

Il envoie la facture du couvreur à son voisin au platane : la réponse arrive en trois lignes polies, et elle cite un article du Code civil

Un mardi de novembre, vers sept heures du soir, la pluie tambourinait sur la véranda de Thierry, à Bègles. Puis un autre bruit est venu, un glouglou épais, irrégulier, juste au-dessus de la porte d'entrée. Il est sorti en chaussons, lampe frontale sur le crâne. L'eau débordait de la gouttière en rideau, charriant une pâte brune de feuilles détrempées.

Il laisse sa cuve d'eau de pluie entrouverte tout l'été près de Montpellier : en septembre, toute sa rue se fait dévorer par les moustiques tigres

Il laisse sa cuve d’eau de pluie entrouverte tout l’été près de Montpellier : en septembre, toute sa rue se fait dévorer par les moustiques tigres

Sept heures du soir, fin septembre, dans un lotissement près de Montpellier. Les grillons ont repris, la lumière dorée glisse sur les haies de lauriers. Bernard, 64 ans, arrose ses tomates avec un vieil arrosoir en zinc qu'il remplit au robinet de sa cuve. Derrière la clôture, sa voisine claque une main sur sa cheville, puis une seconde fois, et soupire bruyamment.

Elle diffuse de l'eucalyptus chaque soir dans son salon à Dijon : une semaine plus tard, son chat bave, caché sous le lit

Elle diffuse de l’eucalyptus chaque soir dans son salon à Dijon : une semaine plus tard, son chat bave, caché sous le lit

Il est vingt et une heures, rue Berbisey, à Dijon. Dans le salon de Claire, le diffuseur en céramique ronronne doucement sur l'étagère, une colonne de vapeur blanche monte vers le plafond. L'odeur d'eucalyptus pique un peu le nez, propre, presque médicale. Sur le canapé, Pistache, chat tigré de six ans, cligne des yeux, puis saute au sol et file vers la chambre.

Il suspend des boules de graisse au pommier depuis dix hivers : un matin de novembre, une mésange pend, la patte serrée dans le filet vert

Il suspend des boules de graisse au pommier depuis dix hivers : un matin de novembre, une mésange pend, la patte serrée dans le filet vert

Il était sept heures et quart, la bouilloire sifflait encore dans la cuisine de Bernard, à Eckbolsheim. Dehors, le pommier dégoulinait de brouillard, et les boules de graisse pendaient comme des lanternes vertes. Il a d'abord entendu un battement d'ailes affolé, sec, répété. Puis il a vu la mésange, tête en bas, une patte coincée dans les mailles du filet.

Il branche un wattmètre prêté par la médiathèque sur son congélateur : le compteur affiche presque le double de ce que promettait l'étiquette

Il branche un wattmètre prêté par la médiathèque sur son congélateur : le compteur affiche presque le double de ce que promettait l’étiquette

Il est sept heures du soir, et la lampe du garage grésille au-dessus de l'établi. Gérard soulève le couvercle du congélateur coffre, un nuage froid lui monte au visage. Derrière lui, le moteur ronronne, s'arrête, repart. Sur la prise murale, un petit boîtier gris clignote en rouge. Il plisse les yeux, relit le chiffre, puis appelle sa femme depuis l'escalier.

Il plante une haie de lauriers-palmes pour se cacher de la route : cinq ans plus tard, plus rien ne pousse à leurs pieds

Il plante une haie de lauriers-palmes pour se cacher de la route : cinq ans plus tard, plus rien ne pousse à leurs pieds

Sept heures du matin, un samedi de juin, et le taille-haie électrique toussait déjà contre le grillage. Bernard, 58 ans, avait les avant-bras couverts de petites feuilles vernies, et l'odeur d'amande amère lui piquait le nez. Derrière la haie, les voitures filaient vers Nantes. Devant lui, au pied des troncs serrés, la terre était grise, nue, comme balayée.

Elle hérite avec son frère de la maison familiale près de Mâcon : en septembre, l'avis de taxe foncière arrive à son seul nom

Elle hérite avec son frère de la maison familiale près de Mâcon : en septembre, l’avis de taxe foncière arrive à son seul nom

Le facteur est passé vers onze heures, Claire l'a entendu refermer la grille avec ce petit grincement qu'elle connaît par cœur. Dans la boîte, entre une publicité de jardinerie et une carte postale de sa cousine, une enveloppe blanche à fenêtre. Elle l'ouvre debout dans l'entrée, les clés encore à la main, et lit son nom, seul, au-dessus d'un montant.

Elle plante cinquante bulbes de tulipes un dimanche d'octobre près de Lille : en mars, la plate-bande n'offre que des petits trous ronds

Elle plante cinquante bulbes de tulipes un dimanche d’octobre près de Lille : en mars, la plate-bande n’offre que des petits trous ronds

Le dimanche matin, vers dix heures, la terre sentait le champignon et la feuille mouillée. Agnès, genoux sur un vieux coussin de jardin, enfonçait son plantoir dans la plate-bande, à l'abri du mur de briques. Le seau de bulbes cliquetait contre la bordure en ciment. Quelque part dans la rue, une tondeuse s'essoufflait sur une dernière pelouse d'octobre.

Il vide son placard chaque premier samedi du mois depuis dix ans : sa fille sort un paquet de la poubelle et pointe deux mots imprimés

Il vide son placard chaque premier samedi du mois depuis dix ans : sa fille sort un paquet de la poubelle et pointe deux mots imprimés

Le premier samedi du mois, vers neuf heures, Gérard ouvre grand le placard de la cuisine. Le sac-poubelle bâille déjà sur le carrelage, la radio grésille au-dessus du frigo. Un par un, il retourne les paquets de spaghettis, de riz basmati, de lentilles, plisse les yeux sur les chiffres imprimés, puis les laisse tomber dans le sac avec un bruit sec de grains secoués.

À 71 ans, elle vire 20 000 euros à sa petite-fille pour un appartement : trois semaines plus tard, la banque réclame un papier inconnu

À 71 ans, elle vire 20 000 euros à sa petite-fille pour un appartement : trois semaines plus tard, la banque réclame un papier inconnu

Il était sept heures et demie, la radio grésillait sur le rebord de la fenêtre, et Simone beurrait sa tartine en regardant la pluie tomber sur les rangs de vigne derrière la maison. Sur la table de la cuisine, à côté du bol, il y avait le relevé de compte de la veille. Une ligne, une seule, qu'elle relisait sans se lasser : virement à Chloé, 20 000 euros.

Elle lave ses vitres au vinaigre blanc un samedi d'octobre près d'Aix : dès que le soleil tourne, chaque carreau se couvre de traînées blanches

Elle lave ses vitres au vinaigre blanc un samedi d’octobre près d’Aix : dès que le soleil tourne, chaque carreau se couvre de traînées blanches

Il était un peu plus de dix heures, ce samedi d'octobre, et le mistral était tombé dans la nuit. Sur la terrasse de sa maison de Venelles, au nord d'Aix, Nadine posait un seau d'eau tiède au pied de la baie vitrée. Le vaporisateur faisait son petit bruit sec, le chiffon crissait sur le verre. Les cigales s'étaient tues depuis des semaines.

Elle rentre un petit hérisson dans son garage près de Rennes : au téléphone, le centre de soins lui demande d'abord de sortir sa balance

Elle rentre un petit hérisson dans son garage près de Rennes : au téléphone, le centre de soins lui demande d’abord de sortir sa balance

Il était un peu plus de quinze heures, ce mardi de fin octobre, et la lumière tombait déjà en biais sur le jardin de Cesson-Sévigné. Claire ratissait les feuilles du noyer quand elle a entendu un froissement sec, presque un éternuement. Sous le tas qu'elle venait de former, une petite boule brune avançait à découvert, lentement, en plein jour, sans chercher à se cacher.

Elle verse 200 euros par mois à sa mère en maison de retraite : un collègue lui pose une question sur sa déclaration d'impôts

Elle verse 200 euros par mois à sa mère en maison de retraite : un collègue lui pose une question sur sa déclaration d’impôts

Il était un peu plus de midi, et la salle de pause sentait le café réchauffé et la soupe au micro-ondes. Nathalie tournait sa cuillère dans un pot de compote, le téléphone posé à côté, l'écran allumé sur un virement programmé. Deux cents euros, comme chaque mois. Son collègue Hervé, assis en face, a jeté un œil sur l'écran sans le faire exprès.

Il ramone lui-même son poêle avec un hérisson acheté en ligne près d'Annecy : après la fumée, l'expert lui réclame un seul papier

Il ramone lui-même son poêle avec un hérisson acheté en ligne près d’Annecy : après la fumée, l’expert lui réclame un seul papier

Il était six heures et demie, la vallée encore noyée dans un brouillard épais, quand Thierry a ouvert la porte vitrée du poêle. Les braises de la veille rougeoyaient à peine sous la cendre. Il a glissé deux bûches de hêtre, refermé la poignée avec ce petit claquement métallique qu'il aimait, puis il est allé faire chauffer l'eau du café.