Elle pose chaque soir une soucoupe de lait pour le hérisson du jardin : un matin de novembre, elle le retrouve immobile sous la haie

Elle pose chaque soir une soucoupe de lait pour le hérisson du jardin : un matin de novembre, elle le retrouve immobile sous la haie

Il était sept heures et demie, la brume collait encore aux carreaux de la véranda. Martine, 67 ans, a poussé la porte du jardin avec son bol de café à la main, les pantoufles déjà trempées. Sous la haie de troènes, quelque chose de brun ne bougeait pas. Le petit tas de piquants qu'elle attendait chaque soir depuis l'été était roulé contre la terre froide.

Il verse un verre de vinaigre blanc dans chaque lessive près de Nîmes : un an plus tard, l'eau coule sous le hublot à chaque essorage

Il verse un verre de vinaigre blanc dans chaque lessive près de Nîmes : un an plus tard, l’eau coule sous le hublot à chaque essorage

Il était un peu plus de sept heures, ce samedi de mars, et le mistral faisait claquer le volet de la buanderie. Dans la petite maison de Bernard, à Caveirac, près de Nîmes, la machine à laver entamait son essorage dans un grondement familier. Il a posé sa tasse, baissé les yeux. Sous le hublot, sur le carrelage beige, une flaque claire s'élargissait lentement.

Il passe à l'option Tempo pour payer son électricité moins cher près de Besançon : en janvier, sa facture dépasse celle de l'hiver précédent

Il passe à l’option Tempo pour payer son électricité moins cher près de Besançon : en janvier, sa facture dépasse celle de l’hiver précédent

Il était sept heures moins le quart, et le givre dessinait des fougères sur la vitre de la cuisine. Thierry posa sa tasse sur le radiateur à inertie, comme chaque matin, pour sentir la chaleur monter dans la faïence. Dehors, à Saône, près de Besançon, la route était encore noire. Sur le comptoir, son téléphone vibra une fois, puis se tut.

Elle coupe ras ses massifs fanés chaque fin octobre près de Poitiers : au printemps suivant, ses rosiers disparaissent sous les pucerons

Elle coupe ras ses massifs fanés chaque fin octobre près de Poitiers : au printemps suivant, ses rosiers disparaissent sous les pucerons

Le sécateur claquait à intervalles réguliers, sec, presque joyeux, dans le petit jardin de Mignaloux. Il était quinze heures, ce samedi de fin octobre, et une lumière basse dorait les tiges brunes des échinacées. Monique, 67 ans, coupait tout à ras du sol, une brassée après l'autre, et la brouette se remplissait d'un bruit de paille froissée.

Elle fait poser une clôture pleine de deux mètres près d'Aix-en-Provence : trois semaines plus tard, un courrier de la mairie lui demande de tout démonter

Elle fait poser une clôture pleine de deux mètres près d’Aix-en-Provence : trois semaines plus tard, un courrier de la mairie lui demande de tout démonter

Il était sept heures, et les cigales n'avaient pas encore commencé. Sylvie posait sa tasse sur la table en fer du jardin, à Venelles, quand le portail du voisin a grincé une fois de plus. Derrière la haie de lauriers clairsemée, une voix d'homme parlait fort au téléphone. Elle a regardé ce grillage vert, ces trous dans le feuillage, et elle a décidé.

Elle diffuse de l'huile d'arbre à thé dans son salon près de Rouen : le soir même, son chat bave et titube sur le tapis

Elle diffuse de l’huile d’arbre à thé dans son salon près de Rouen : le soir même, son chat bave et titube sur le tapis

Il était un peu plus de vingt heures, la pluie tapait sur la véranda, et le diffuseur soufflait sa petite colonne de vapeur blanche sur la commode. Claire, 44 ans, repliait du linge sur le canapé quand elle a entendu un bruit mouillé sur le tapis. Pistache, son chat tigré, se tenait de travers, la bouche luisante de bave, les pattes arrière qui se dérobaient.

Il vide toutes ses tontes de septembre dans son composteur près de Mâcon : en octobre, une odeur d'œuf pourri remonte jusqu'à la terrasse

Il vide toutes ses tontes de septembre dans son composteur près de Mâcon : en octobre, une odeur d’œuf pourri remonte jusqu’à la terrasse

Un dimanche d'octobre, vers dix-neuf heures, Gérard pose deux assiettes sur la table de la terrasse. La lumière baisse sur les vignes au loin, une tondeuse ronronne encore chez un voisin. Il soulève la cloche du plat de lentilles et fronce le nez. Ce n'est pas le plat. Une odeur lourde, sucrée et soufrée, monte du fond du jardin.

Elle écrit chaque lundi une liste de vingt tâches près de Dijon : le vendredi, quinze sont cochées et elle se sent pourtant nulle

Elle écrit chaque lundi une liste de vingt tâches près de Dijon : le vendredi, quinze sont cochées et elle se sent pourtant nulle

Le lundi, à six heures quarante, la bouilloire siffle dans la cuisine d'une petite maison de Chenôve, près de Dijon. Claire ouvre un carnet à spirale, débouche un feutre noir et trace un trait sous la date. Dehors, le camion des poubelles recule en bipant. Elle écrit vingt lignes, une par une, sans lever les yeux.

Elle rallume ses radiateurs un matin d'octobre près de Limoges : le bas brûle sous la main, le haut reste froid comme une vitre

Elle rallume ses radiateurs un matin d’octobre près de Limoges : le bas brûle sous la main, le haut reste froid comme une vitre

Il est sept heures dix, un mardi d'octobre, et la buée colle aux carreaux de la cuisine. Martine pose sa tasse, tourne le robinet du radiateur sous la fenêtre et entend la chaudière gronder dans le cellier. Elle glisse la main sur le métal. En bas, c'est presque brûlant. En haut, le radiateur reste froid comme une pierre de jardin.

Elle rentre son citronnier dans la véranda début octobre et l'arrose comme en juillet : en décembre, les feuilles tombent par poignées sur le carrelage

Elle rentre son citronnier dans la véranda début octobre et l’arrose comme en juillet : en décembre, les feuilles tombent par poignées sur le carrelage

Le carrelage de la véranda était froid sous ses chaussons, ce matin de décembre, et la lumière grise de La Rochelle traînait sur les vitres embuées. Martine a posé son bol de café sur la petite table en rotin. Puis elle a entendu ce bruit léger, presque rien, un froissement sec. Trois feuilles venaient de glisser du citronnier jusqu'au sol, rejoindre une dizaine d'autres.

Il laisse son récupérateur d'eau plein tout l'hiver près de Nancy : en février, la cuve est fendue et le robinet gît dans l'herbe

Il laisse son récupérateur d’eau plein tout l’hiver près de Nancy : en février, la cuve est fendue et le robinet gît dans l’herbe

Février, huit heures du matin, à Laxou, sur les hauteurs de Nancy. Le givre craque sous les bottes de Gérard, 67 ans, qui traverse le jardin un seau de graines à la main pour les mésanges. Au fond, près de la haie de charmes, il entend un drôle de bruit, un goutte-à-goutte régulier. Le robinet de sa cuve est couché dans l'herbe blanche.

Elle s'apprête à remplacer son lave-linge de sept ans près de Reims : le réparateur retire une somme de sa facture sans qu'elle demande rien

Elle s’apprête à remplacer son lave-linge de sept ans près de Reims : le réparateur retire une somme de sa facture sans qu’elle demande rien

Le dimanche matin, vers neuf heures, la buanderie sentait encore la lessive à la lavande. Claire avait lancé un cycle de draps, puis elle était remontée boire son café. Un claquement sec, puis un bourdonnement grave, a traversé le carrelage jusqu'à la cuisine. Quand elle est redescendue, le hublot était embué, le tambour immobile, et l'eau grise stagnait derrière la vitre.

À 59 ans, elle ouvre son relevé de carrière près de Nancy : dix-huit mois de travail ont disparu, l'entreprise a fermé il y a vingt ans

À 59 ans, elle ouvre son relevé de carrière près de Nancy : dix-huit mois de travail ont disparu, l’entreprise a fermé il y a vingt ans

Un dimanche de mars, vers dix heures, la pluie tapait doucement contre la véranda de la maison de Laxou. Sylvie, 59 ans, avait posé son ordinateur à côté du bol de café encore tiède. Le chien ronflait sous la table. Elle faisait défiler son relevé de carrière d'un doigt distrait, presque pour s'occuper, quand une ligne vide l'a fait s'arrêter net.

Il pose six kilowatts de panneaux solaires sur son toit près de Perpignan : son premier versement pour le surplus ne paie pas un plein

Il pose six kilowatts de panneaux solaires sur son toit près de Perpignan : son premier versement pour le surplus ne paie pas un plein

Le virement est arrivé un mardi matin, vers huit heures, pendant que la tramontane faisait claquer le volet de la cuisine. Gérard a reposé sa tasse, plissé les yeux sur l'écran du téléphone, puis relu la ligne. Au-dessus de sa tête, vingt-deux panneaux luisaient sous le soleil du Roussillon. Le montant, lui, ne remplissait même pas le réservoir de sa vieille Clio.

À 61 ans, il ouvre son relevé de carrière près de Metz : l'année 1985 passée sous les drapeaux n'y figure nulle part

À 61 ans, il ouvre son relevé de carrière près de Metz : l’année 1985 passée sous les drapeaux n’y figure nulle part

Dimanche, vingt et une heures, dans la cuisine d'un pavillon de Montigny-lès-Metz. Le lave-vaisselle ronronne, la pluie tapote le velux. Gérard, 61 ans, a posé ses lunettes sur le bout du nez et fait défiler, du pouce, la longue colonne de son relevé de carrière. 1983, 1984, puis 1986. Il remonte, redescend, plisse les yeux. L'année 1985 n'existe pas.

Elle achète son miel à 4 euros près de Tours depuis dix ans : au marché, un apiculteur lui montre la ligne qu'elle n'avait jamais lue

Elle achète son miel à 4 euros près de Tours depuis dix ans : au marché, un apiculteur lui montre la ligne qu’elle n’avait jamais lue

Samedi, neuf heures et quart, place Velpeau à Tours. L'odeur de poulet rôti se mêle à celle des fraises de Plougastel, un chariot grince sur les pavés mouillés. Claire, 47 ans, tient son cabas d'une main et, de l'autre, un pot de miel acheté la veille au supermarché. Derrière son étal, un apiculteur aux mains tachées de propolis lui demande de retourner le couvercle.

À 63 ans, il veut réviser le loyer du studio de sa tante : l'agence lui oppose une lettre G inscrite en bas d'un diagnostic

À 63 ans, il veut réviser le loyer du studio de sa tante : l’agence lui oppose une lettre G inscrite en bas d’un diagnostic

La pluie fine de novembre glissait sur la vitre de la cuisine, à Isle, aux portes de Limoges. Gérard, 63 ans, avait étalé le bail sur la toile cirée, à côté d'une tasse de café tiède. Il était neuf heures. Le stylo à la main, il entourait une date au feutre rouge : le 1er décembre, anniversaire du contrat de son locataire.

Il demande chaque soir à sa fille de 15 ans comment s'est passée sa journée : depuis la rentrée, elle répond « rien » et repousse son assiette

Il demande chaque soir à sa fille de 15 ans comment s’est passée sa journée : depuis la rentrée, elle répond « rien » et repousse son assiette

Il est dix-neuf heures quarante, la hotte ronronne encore au-dessus de la plaque, et le gratin fume au milieu de la table en chêne. Dehors, sur le balcon de Saint-Égrève, la lumière tombe derrière la Chartreuse. Thomas pose les couverts, tire sa chaise, regarde sa fille dans les yeux et demande, comme chaque soir, comment s'est passée sa journée.

Elle écrase au mouchoir les coccinelles entassées dans l'angle de sa fenêtre : trois jours plus tard, le rebord blanc est couvert de taches jaunes

Elle écrase au mouchoir les coccinelles entassées dans l’angle de sa fenêtre : trois jours plus tard, le rebord blanc est couvert de taches jaunes

Il était un peu plus de quatre heures, ce mardi de fin octobre, et le soleil tapait encore sur la façade de la maison de Romagnat. Dans la chambre d'amis, Nadine a entendu un petit cliquetis contre la vitre, comme des grains de riz jetés doucement. En tirant le rideau, elle a vu l'angle de la fenêtre grouiller de points orange.

Il vide le grenier de sa mère près d'Amiens et trouve un livret à son nom : à l'agence, on lui répond que le compte n'existe plus

Il vide le grenier de sa mère près d’Amiens et trouve un livret à son nom : à l’agence, on lui répond que le compte n’existe plus

Il était presque dix-sept heures, et la lumière de novembre tombait de travers par la lucarne du grenier. Stéphane, accroupi entre deux cartons gondolés, toussait dans la poussière qui montait à chaque geste. En bas, la radio de la cuisine grésillait toute seule. Il a soulevé un cahier d'écolier, et un petit carnet bleu à couverture cartonnée a glissé sur le plancher.

Elle lave son carrelage au savon noir chaque semaine depuis le printemps : en octobre, ses chaussons collent au sol de la cuisine

Elle lave son carrelage au savon noir chaque semaine depuis le printemps : en octobre, ses chaussons collent au sol de la cuisine

Le seau tinte contre le carrelage, l'eau chaude fume encore dans la cuisine. Il est sept heures et demie, un samedi d'octobre, près de Montauban. Sylvie, 54 ans, pose la serpillière, fait trois pas vers la fenêtre et s'arrête net. Sous ses chaussons, un petit bruit de succion, comme si le sol retenait ses pieds à chaque mouvement.

Ils adoptent un second chat pour tenir compagnie au premier près de Rennes : trois semaines plus tard, l'aîné urine sur le canapé du salon

Ils adoptent un second chat pour tenir compagnie au premier près de Rennes : trois semaines plus tard, l’aîné urine sur le canapé du salon

Il est sept heures moins le quart, la bouilloire siffle dans la cuisine de Cesson-Sévigné, et Claire pose la main sur le coussin du canapé. Le tissu est froid, humide, avec cette odeur âcre qu'on reconnaît tout de suite. Dans le couloir, un souffle rauque monte, puis un crachement bref. Gribouille, huit ans, fixe la porte de la chambre où dort le chaton.

Elle ramasse les noix du noyer voisin tombées sur sa pelouse : par-dessus le grillage, le propriétaire de l'arbre exige qu'elle les lui rende

Elle ramasse les noix du noyer voisin tombées sur sa pelouse : par-dessus le grillage, le propriétaire de l’arbre exige qu’elle les lui rende

Il était un peu plus de huit heures, ce samedi d'octobre, et l'herbe gardait encore la rosée de la nuit. Martine avançait courbée sur sa pelouse, un seau en zinc à la main, et chaque noix tombée faisait un petit bruit sec contre le métal. Le noyer, lui, poussait de l'autre côté du grillage. Soudain, une voix grave l'a fait sursauter.