À 58 ans, Bernard laisse vide la maison héritée de sa mère près d'Annecy : à l'automne, un avis de taxe arrive à son nom

À 58 ans, Bernard laisse vide la maison héritée de sa mère près d’Annecy : à l’automne, un avis de taxe arrive à son nom

Le portail grinçait toujours au même endroit, à mi-course, comme du vivant de sa mère. Ce samedi d'octobre, vers dix heures, Bernard a poussé la boîte aux lettres rouillée du bout des doigts, à Sevrier, à quelques minutes d'Annecy. Parmi les prospectus humides, une enveloppe à fenêtre, en-tête des finances publiques. Il l'a ouverte debout dans l'allée, les clés encore à la main.

Il vide chaque semaine les cendres de son insert dans le composteur : au printemps, le tas reste froid et ses tomates jaunissent

Il vide chaque semaine les cendres de son insert dans le composteur : au printemps, le tas reste froid et ses tomates jaunissent

Sept heures et demie, un samedi de janvier, près de Brive. Bernard pousse la porte vitrée de l'insert, gratte la grille avec la petite pelle en fonte, et la cendre tombe dans le seau métallique avec un bruit de sable sec. Une odeur de chêne froid monte dans le salon. Dehors, le givre blanchit encore la pelouse, et le composteur l'attend au fond du jardin.

À 74 ans, elle pose chaque soir un bol de lait pour le hérisson de son jardin : trois semaines plus tard, il revient mais a fondu

À 74 ans, elle pose chaque soir un bol de lait pour le hérisson de son jardin : trois semaines plus tard, il revient mais a fondu

Il est vingt heures passées, et la lampe de la cuisine découpe un rectangle jaune sur la pelouse mouillée. Odette pousse la porte-fenêtre du pied, un bol de lait tiède dans une main, une tranche de pain rassis dans l'autre. Les feuilles du tilleul craquent sous ses chaussons. Au fond du jardin, près du tas de bois, quelque chose renifle doucement dans le noir.

Elle baisse son chauffage à 16 °C chaque matin près de Clermont-Ferrand : en janvier, des taches noires couvrent le mur derrière son armoire

Elle baisse son chauffage à 16 °C chaque matin près de Clermont-Ferrand : en janvier, des taches noires couvrent le mur derrière son armoire

Il est sept heures dix, la nuit colle encore aux vitres de la petite maison de Cébazat. Claire enfile son manteau, attrape ses clés, puis tourne la molette du thermostat jusqu'au chiffre seize. Le radiateur du couloir émet un petit claquement métallique en refroidissant. Dehors, le givre blanchit le pare-brise de sa Clio, et le puy de Dôme se devine à peine sous les nuages.

Il présente au voisin la facture du nettoyage de sa gouttière : le conciliateur lui donne tort, mais lui signale l'article 673

Il présente au voisin la facture du nettoyage de sa gouttière : le conciliateur lui donne tort, mais lui signale l’article 673

Il était sept heures et demie, un matin de novembre, et la pluie tambourinait sur la terrasse depuis la veille. Dans la cuisine, Bernard entendit d'abord le gargouillis, puis le claquement mouillé de l'eau qui débordait. Il sortit en chaussons, leva la tête vers l'angle de la maison. La gouttière crachait une cascade brune, chargée de feuilles de chêne, directement contre le mur.

De la fête de la saucisse à Laval aux cortèges du 5 novembre : comment les interdictions visant les supporters de foot gagnent les manifestations

De la fête de la saucisse à Laval aux cortèges du 5 novembre : comment les interdictions visant les supporters de foot gagnent les manifestations

Des supporters rennais privés de déplacement à Troyes à cause des soldes, des fans niçois limités dans leur propre ville : ces mesures, longtemps passées inaperçues, ressemblent de plus en plus à celles qui visent aujourd'hui les manifestants. À l'approche de la mobilisation du 5 novembre, avocats, sociologue et député s'interrogent sur ce glissement.

Il raccorde une cuve de 1 000 litres aux toilettes de sa maison alsacienne : la facture d'eau suivante ne baisse presque pas d'un centime

Il raccorde une cuve de 1 000 litres aux toilettes de sa maison alsacienne : la facture d’eau suivante ne baisse presque pas d’un centime

Samedi matin, sept heures et demie, la pluie tambourinait sur la gouttière de zinc. Dans le garage de sa maison d'Ingersheim, près de Colmar, Thierry serrait le dernier collier du tuyau gris. Il a tiré la chasse d'eau de l'étage, tendu l'oreille. La pompe a ronronné, le réservoir s'est rempli. Il a souri : l'eau du ciel arrivait enfin jusque dans ses toilettes.

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