Elle fait poser des fenêtres double vitrage neuves près d'Annecy : chaque matin de novembre, les vitres ruissellent et l'appui de fenêtre noircit

Elle fait poser des fenêtres double vitrage neuves près d’Annecy : chaque matin de novembre, les vitres ruissellent et l’appui de fenêtre noircit

Il était six heures et demie, le radiateur de la chambre cliquetait doucement, et dehors la nuit restait épaisse sur le lac. Claire a tiré le rideau d'un geste machinal. Sous ses doigts, le tissu était humide. Sur la vitre toute neuve, des gouttes descendaient lentement, se rejoignaient et formaient une petite flaque sur l'appui de fenêtre en bois clair.

Elle répond aux messages de son chef jusqu'à 23 heures près de Nantes : à l'entretien annuel, on lui reproche de mal hiérarchiser son travail

Elle répond aux messages de son chef jusqu’à 23 heures près de Nantes : à l’entretien annuel, on lui reproche de mal hiérarchiser son travail

Il est 22 h 47 à Rezé, et le lave-vaisselle termine son cycle dans un dernier soupir. Camille, assise en tailleur sur le canapé, sent son téléphone vibrer contre sa cuisse. Sur l'écran, un prénom, Olivier, et trois mots : tu as vu ? Elle repose sa tisane encore chaude, ouvre son ordinateur portable et tape une réponse avant même d'avoir lu le fichier joint.

À 77 ans, près de Bergerac, elle paie sa taxe foncière en pestant : sa voisine du même âge n'a reçu aucun avis cette année

À 77 ans, près de Bergerac, elle paie sa taxe foncière en pestant : sa voisine du même âge n’a reçu aucun avis cette année

Le café refroidissait dans le bol ébréché, à côté de l'avis d'imposition déplié sur la toile cirée. Par la fenêtre de la cuisine, à deux kilomètres de Bergerac, les vignes rouillaient sous le soleil de septembre. Jeannine, 77 ans, tapotait le papier du bout de son stylo. Neuf cent douze euros, comme chaque année, et ce petit soupir qu'elle connaissait par cœur.

Il remplace son grillage par des panneaux occultants près de Nîmes : en décembre, une lettre de la mairie réclame un dossier jamais déposé

Il remplace son grillage par des panneaux occultants près de Nîmes : en décembre, une lettre de la mairie réclame un dossier jamais déposé

Le samedi matin, à huit heures, la visseuse de Thierry résonnait déjà dans le lotissement endormi. Le mistral faisait claquer la bâche sur la remorque, et l'odeur de café montait de la cuisine où Sylvie tartinait des biscottes. Au fond du jardin, l'ancien grillage vert gisait roulé sur l'herbe. Dix panneaux gris anthracite attendaient, alignés contre le mur.

Il vide son placard près de Toulouse et jette six paquets de pâtes : sa fille ramasse le sac et lit l'étiquette à voix haute

Il vide son placard près de Toulouse et jette six paquets de pâtes : sa fille ramasse le sac et lit l’étiquette à voix haute

Samedi, dix heures, dans une cuisine de Colomiers. Le placard du bas grince quand Thierry l'ouvre en grand, genou au carrelage, un sac-poubelle déplié à côté de lui. Les paquets de pâtes glissent l'un contre l'autre avec ce bruit sec de carton qu'on connaît tous. Il retourne le premier, plisse les yeux, soupire, et le laisse tomber dans le sac.

Il purge ses huit radiateurs un dimanche de novembre près de Mulhouse : le lendemain matin, la chaudière affiche un code rouge clignotant

Il purge ses huit radiateurs un dimanche de novembre près de Mulhouse : le lendemain matin, la chaudière affiche un code rouge clignotant

Dimanche, quinze heures, dans un pavillon de Riedisheim. Le ciel de novembre pèse bas sur les toits, et Thierry, genou à terre devant le radiateur du salon, tourne une petite clé carrée. Un sifflement fin sort de la valve, puis un crachotement, puis quelques gouttes tièdes qui tombent dans le bol posé sur le parquet. Il sourit. Le haut du radiateur, enfin, commence à chauffer.

Il coupe son chauffe-eau chaque soir au disjoncteur près de Tours : en décembre, sa facture d'électricité grimpe de vingt-trois euros

Il coupe son chauffe-eau chaque soir au disjoncteur près de Tours : en décembre, sa facture d’électricité grimpe de vingt-trois euros

Il est vingt-deux heures passées, la maison de Saint-Avertin s'est tue, et Gérard descend au garage en chaussons. Le néon grésille au-dessus de l'établi. Il ouvre la petite porte grise du tableau électrique, pose l'index sur le disjoncteur marqué au feutre « ballon », et l'abaisse d'un coup sec. Le clac résonne contre le béton. Satisfait, il remonte se coucher.

Elle pose une soucoupe de lait devant un hérisson près de Rennes : le lendemain matin, il est toujours là, roulé contre le mur

Elle pose une soucoupe de lait devant un hérisson près de Rennes : le lendemain matin, il est toujours là, roulé contre le mur

Il était un peu plus de quinze heures, un mardi de novembre, et la lumière baissait déjà sur le jardin de Monique, à Cesson-Sévigné. Le râteau à la main, elle ramassait les feuilles du noyer quand un froissement l'a fait se retourner. Sur la pelouse détrempée, une petite boule brune avançait à découvert, lentement, sans se cacher.

Il bâche tout son potager fin octobre près de Tours pour l'hiver : en mars, sous le plastique, la terre est dure et grouille de limaces

Il bâche tout son potager fin octobre près de Tours pour l’hiver : en mars, sous le plastique, la terre est dure et grouille de limaces

Un dimanche de fin octobre, vers dix heures, la brume traînait encore sur les jardins familiaux de Joué-lès-Tours. Bernard, 64 ans, tirait une grande bâche noire sur ses planches vides, et le plastique claquait au vent comme une voile. Il posait des parpaings aux quatre coins, un par un, en soufflant. Il était content : pour une fois, il prenait de l'avance sur l'hiver.

Il laisse sa cuve d'eau de pluie pleine pour l'hiver près de Clermont : un matin de janvier, le flanc en plastique est fendu de haut en bas

Il laisse sa cuve d’eau de pluie pleine pour l’hiver près de Clermont : un matin de janvier, le flanc en plastique est fendu de haut en bas

Dehors, le givre craquait sous les sabots de Gérard, et la buée de son café montait dans l'air immobile. Il était un peu plus de huit heures, ce matin de janvier, à Romagnat, au pied du plateau de Gergovie. En contournant l'abri de jardin, il a entendu un goutte-à-goutte lent, presque timide. Puis il a vu la cuve verte, ouverte comme un fruit trop mûr.

Il remplit son pulvérisateur de vinaigre et de bicarbonate près de Brest : la mousse déborde, mais la tache de calcaire reste exactement à sa place

Il remplit son pulvérisateur de vinaigre et de bicarbonate près de Brest : la mousse déborde, mais la tache de calcaire reste exactement à sa place

Il est sept heures et demie, la pluie fine de Plougastel tapote le velux de la salle de bains. Yann, 58 ans, verse le vinaigre blanc dans un vieux pulvérisateur, puis ajoute deux cuillères de bicarbonate. Le mélange siffle, gonfle, déborde sur ses doigts et coule le long du goulot. Il sourit, satisfait : pour lui, cette mousse vivante prouve que le produit travaille.

Elle pose d'épais rideaux thermiques dans sa maison près de Limoges : en décembre, le salon reste froid alors que les radiateurs brûlent

Elle pose d’épais rideaux thermiques dans sa maison près de Limoges : en décembre, le salon reste froid alors que les radiateurs brûlent

Dix-neuf heures, un mardi de décembre, à Isle, près de Limoges. Dehors, le givre commence à blanchir le pare-brise de la Clio garée devant le portail. Dans le salon, Sophie tire les lourds rideaux gris jusqu'au parquet, glisse la main derrière le tissu et sent le radiateur, brûlant. Puis elle se rassoit sur le canapé, remonte le plaid sur ses genoux, et frissonne encore.

Elle adopte trois poules près d'Amiens pour ses épluchures : en novembre, une affiche à la mairie lui apprend qu'elle était en tort

Elle adopte trois poules près d’Amiens pour ses épluchures : en novembre, une affiche à la mairie lui apprend qu’elle était en tort

Il était sept heures et demie, la brume collait encore aux haies de thuyas. Claire traversait le jardin en bottes, le seau d'épluchures cognant contre son genou à chaque pas. Derrière le grillage, trois poules rousses gloussaient déjà, impatientes, en grattant la terre humide. Elle ouvrit la trappe du poulailler, versa les pelures de pommes de terre, et resta un moment à les regarder manger.

Elle trouve une chauve-souris accrochée à son rideau un soir de novembre : l'animal tombe sur le parquet dès qu'elle ouvre la fenêtre

Elle trouve une chauve-souris accrochée à son rideau un soir de novembre : l’animal tombe sur le parquet dès qu’elle ouvre la fenêtre

Il était vingt et une heures passées, ce mardi de novembre, et la pluie fine tapotait contre la baie vitrée du salon. Claire tirait les rideaux quand ses doigts ont frôlé quelque chose de tiède, de minuscule, accroché au tissu. Elle a reculé d'un pas, le cœur battant. Sous la lampe, une petite forme brune repliée sur elle-même ne bougeait pas.

Elle retrouve son beagle couché sur le sac de bonbons des petits-enfants : au téléphone, le vétérinaire ne parle que des chewing-gums

Elle retrouve son beagle couché sur le sac de bonbons des petits-enfants : au téléphone, le vétérinaire ne parle que des chewing-gums

Le premier novembre, vers huit heures, la maison sentait encore la citrouille brûlée. Annick est descendue en chaussons, a entendu un froissement de plastique sous la table de la cuisine, puis le bruit sec d'une queue qui frappe le carrelage. Gribouille, son beagle de douze kilos, était couché au milieu d'un champ de papiers colorés, le museau collant, l'air parfaitement content de lui.

Elle attend le printemps pour planter sa haie en pots près de Clermont : sa voisine a payé moitié moins, et ses arbustes ont mieux repris

Elle attend le printemps pour planter sa haie en pots près de Clermont : sa voisine a payé moitié moins, et ses arbustes ont mieux repris

Le sécateur claquait dans le froid de novembre, de l'autre côté du grillage. Il était à peine neuf heures, le Puy de Dôme sortait de la brume, et Hélène regardait sa voisine enfoncer dans la terre des tiges nues, sans feuilles, presque sans racines visibles. Elle a souri, sa tasse de café à la main. Elle, elle attendrait le printemps, comme tout le monde.

Il range son bureau de fond en comble avant chaque dossier important : le soir venu, la première page n'est toujours pas écrite

Il range son bureau de fond en comble avant chaque dossier important : le soir venu, la première page n’est toujours pas écrite

Il est huit heures dix, à Riedisheim, et la radio grésille sur l'étagère du bureau. Thomas, 44 ans, passe un chiffon humide sur le plateau en chêne, soulève le pot à crayons, aligne trois classeurs bleus. Dehors, le tram de Mulhouse siffle au loin. Sur l'écran, le dossier de réponse à l'appel d'offres attend, ouvert, page blanche, curseur qui clignote.

Il pousse sa chaudière à condensation à fond pour chauffer plus vite : la facture de gaz grimpe de 38 % et le salon reste aussi froid

Il pousse sa chaudière à condensation à fond pour chauffer plus vite : la facture de gaz grimpe de 38 % et le salon reste aussi froid

Il était six heures quarante, et le carrelage de la cuisine mordait les pieds nus de Didier. Dans le placard, la chaudière ronronnait avec ce petit cliquetis familier du brûleur qui s'allume. Dehors, le givre blanchissait les champs autour de leur maison, à quelques kilomètres de Troyes. Didier a ouvert la trappe, tourné la molette vers la droite, et il est allé faire le café.

Elle s'effondre sur son canapé chaque soir dès 17 heures près de Chambéry : une semaine après le changement d'heure, elle se croit vieillie de dix ans

Elle s’effondre sur son canapé chaque soir dès 17 heures près de Chambéry : une semaine après le changement d’heure, elle se croit vieillie de dix ans

Il était 17 h 10, un mardi de début novembre, et la vitre de la cuisine renvoyait déjà le reflet de la hotte. Dehors, sur les pentes du Nivolet, la dernière lueur orange s'éteignait derrière les sapins. Claire a posé sa tasse de tisane sur le plan de travail, a senti ses paupières lourdes comme du plomb, et s'est assise sans enlever son manteau.

Il fait rejointoyer le vieux mur de briques entre deux jardins près d'Albi : son voisin refuse de payer et sort un acte notarié de 1958

Il fait rejointoyer le vieux mur de briques entre deux jardins près d’Albi : son voisin refuse de payer et sort un acte notarié de 1958

Sept heures et demie, un mardi de mai, dans un lotissement ancien à la sortie d'Albi. La bétonnière du maçon tournait déjà, avec ce bruit sourd de cailloux roulés dans un tambour. Bernard, 64 ans, tenait son café du bout des doigts, debout près du vieux mur de briques roses. Il passait la main sur les joints creusés, et le sable lui restait sur la paume.

Elle reproche à son voisin de tondre chaque dimanche à 9 heures : il revient avec une feuille signée par le maire de la commune

Elle reproche à son voisin de tondre chaque dimanche à 9 heures : il revient avec une feuille signée par le maire de la commune

Dimanche, 9 heures pile. Le café fumait encore dans le bol de Catherine quand le moteur a toussé de l'autre côté de la haie de thuyas. Un raclement, puis ce bourdonnement régulier qui remplit tout le jardin. Elle a posé sa tasse sur la table en fer, a soupiré, et pour la première fois en deux ans, elle s'est levée.

Elle remplit ses bocaux de farine à l'épicerie vrac près de Clermont : en novembre, de petits papillons gris sortent de son placard

Elle remplit ses bocaux de farine à l’épicerie vrac près de Clermont : en novembre, de petits papillons gris sortent de son placard

Il était un peu plus de sept heures, un mardi de novembre, et la bouilloire commençait à siffler dans la cuisine de Claire. Dehors, le brouillard collait aux vitres de sa maison de Chamalières. Elle a ouvert le placard du haut pour attraper la farine des crêpes du goûter. Un petit papillon gris s'est envolé sous son nez, lentement, comme s'il était chez lui.

Elle verse du bicarbonate et du vinaigre dans son lavabo bouché près de Nantes : la mousse monte une minute, puis l'eau stagne toujours

Elle verse du bicarbonate et du vinaigre dans son lavabo bouché près de Nantes : la mousse monte une minute, puis l’eau stagne toujours

Sept heures et quart, un mardi de novembre, dans une salle de bains de Rezé. Claire penche la boîte de bicarbonate au-dessus du lavabo, verse un grand verre de vinaigre blanc, et un chuintement doux remplit la pièce. La mousse blanche grimpe jusqu'au trop-plein, crépite, puis retombe lentement. Sous la surface grise, l'eau ne bouge pas d'un millimètre.

À 74 ans, Bernard remplit sa demande d'aide près de Limoges : son fils voit le mot « succession » et le supplie de tout déchirer

À 74 ans, Bernard remplit sa demande d’aide près de Limoges : son fils voit le mot « succession » et le supplie de tout déchirer

La toile cirée collait un peu sous les coudes, et la pendule de la cuisine claquait ses secondes au-dessus du buffet. Il était presque dix-sept heures, ce mardi de novembre, à Aixe-sur-Vienne. Bernard, 74 ans, avait posé le formulaire bien à plat, son stylo à bille à côté. Son fils Thierry lisait par-dessus son épaule, et soudain il a cessé de respirer.

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