Il achète une maison près de Vannes bordée de grands lauriers : deux mois plus tard, le voisin exige l'arrachage par lettre recommandée

Il achète une maison près de Vannes bordée de grands lauriers : deux mois plus tard, le voisin exige l’arrachage par lettre recommandée

Le facteur a klaxonné deux fois devant le portail, un samedi de juin, vers dix heures. Yann a posé son sécateur sur la brouette et traversé la pelouse en tongs, les mains encore vertes de sève. Sur l'enveloppe, un autocollant jaune, un nom qu'il connaissait à peine, celui du voisin. Derrière lui, la haie de lauriers bruissait doucement dans le vent venu du golfe.

Il plante une haie de bambous au fond de son jardin près de Bayonne : trois ans plus tard, son voisin sonne avec une facture

Il plante une haie de bambous au fond de son jardin près de Bayonne : trois ans plus tard, son voisin sonne avec une facture

Samedi, dix heures, une odeur de terre mouillée montait du fond du jardin. Jean-Pierre rinçait son sécateur au robinet extérieur quand la sonnette a retenti, deux coups secs. Sur le seuil, son voisin Alain tenait une feuille pliée en quatre et une botte de tiges vertes coupées net. Derrière lui, sur l'allée, de la terre fraîche collait encore à ses bottes.

Il ferme ses volets toute la journée à Dijon pour garder la chaleur : en novembre, sa facture dépasse celle de l'an dernier de 64 euros

Il ferme ses volets toute la journée à Dijon pour garder la chaleur : en novembre, sa facture dépasse celle de l’an dernier de 64 euros

Sept heures et demie, rue des Perrières, à Dijon. Gérard pousse la fenêtre du salon, attrape la sangle et abaisse le volet roulant dans un long grincement métallique. Dehors, le ciel d'octobre se teinte d'orange au-dessus des toits. Dans la pièce, la lumière disparaît d'un coup, la lampe de la cuisine reste seule allumée, et le radiateur claque doucement en se remettant à chauffer.

Elle récure sa cuisine de Quimper aux cristaux de soude, mains nues : le soir même, le bout de ses doigts commence à peler

Elle récure sa cuisine de Quimper aux cristaux de soude, mains nues : le soir même, le bout de ses doigts commence à peler

Il était un peu plus de dix heures, un samedi de mars, et la pluie fine de Quimper tapotait contre la fenêtre de la cuisine. Gwenaëlle avait rempli la bassine d'eau chaude, versé deux grosses cuillerées de cristaux blancs qui crissaient sous la cuillère. La radio jouait doucement. Elle a plongé les mains dans l'eau trouble, sans réfléchir, comme on le fait depuis toujours.

Il huile son plan de travail en chêne un samedi soir près de Colmar : le lendemain matin, le chiffon roulé dans la poubelle est brûlant

Il huile son plan de travail en chêne un samedi soir près de Colmar : le lendemain matin, le chiffon roulé dans la poubelle est brûlant

Samedi, vingt et une heures, dans une cuisine de Wintzenheim, à quelques kilomètres de Colmar. La radio murmure un match de foot, une odeur douce de noisette flotte au-dessus du plan de travail en chêne. Thomas, 44 ans, passe un dernier coup de chiffon, le roule en boule et le jette dans la poubelle sous l'évier, sans y penser.

Il purge un à un les radiateurs de sa maison dijonnaise un samedi d'octobre : le lundi matin, sa chaudière s'arrête net et clignote en rouge

Il purge un à un les radiateurs de sa maison dijonnaise un samedi d’octobre : le lundi matin, sa chaudière s’arrête net et clignote en rouge

Le samedi matin, vers dix heures, Thierry a posé un vieux torchon sous le radiateur du salon. Dehors, les tilleuls de la rue jaunissaient doucement, et un vent frais remontait du canal. Il a tourné la petite clé carrée d'un quart de tour. Un sifflement aigu, puis un crachotement, puis quelques gouttes tièdes sont tombées sur le tissu.

Il raccorde sa cuve d'eau de pluie aux toilettes près d'Angers : le plombier pose sa clé et demande si la mairie est au courant

Il raccorde sa cuve d’eau de pluie aux toilettes près d’Angers : le plombier pose sa clé et demande si la mairie est au courant

Il était un peu plus de huit heures, ce samedi de mars, et la pluie tapait doucement sur la tôle de l'appentis. Dans le garage, Thierry tenait une lampe frontale au-dessus d'un tuyau gris. Le plombier, à genoux près de la pompe neuve, serrait un dernier raccord. Puis il s'est redressé, s'est essuyé les mains, et a posé une question que personne n'attendait.

Il récite sa liste de tâches au plafond à une heure du matin : quarante onglets ouverts et trois dossiers qui refusent de s'éteindre

Il récite sa liste de tâches au plafond à une heure du matin : quarante onglets ouverts et trois dossiers qui refusent de s’éteindre

Le radiateur cliquetait doucement dans la chambre de la Croix-Rousse, et le réveil affichait 1 h 04 en chiffres rouges. Thomas, allongé sur le dos, fixait une fissure au plafond qu'il connaissait par cœur. Il murmurait sans bruit : relancer le client de Villeurbanne, valider le devis, appeler le plombier. Dans la rue, une trottinette passa, puis plus rien que sa propre liste.

Il installe la ruche de son oncle au fond du jardin près d'Auch : en octobre, un apiculteur du marché lui pose une seule question

Il installe la ruche de son oncle au fond du jardin près d’Auch : en octobre, un apiculteur du marché lui pose une seule question

Le moteur de la vieille Kangoo tournait encore quand Julien a soulevé la ruche, ce matin de juin, à sept heures. Le bois sentait la cire et le grenier. Dans le coffre, un bourdonnement sourd montait, régulier, comme un frigo qui ronronne. Derrière la maison, près d'Auch, l'herbe était trempée de rosée, et les deux pommiers attendaient au fond du terrain.

Il nettoie ses gouttières chaque octobre à cause du platane voisin : il exige l'abattage, le voisin hausse les épaules et ne bouge pas

Il nettoie ses gouttières chaque octobre à cause du platane voisin : il exige l’abattage, le voisin hausse les épaules et ne bouge pas

Il était sept heures et demie, un samedi d'octobre, et l'échelle d'aluminium grinçait contre le crépi ocre. Gérard, 66 ans, tenait d'une main le rebord de la gouttière, de l'autre une pelle à jardin. Une bouillie brune et froide lui coulait sur le poignet. Au-dessus de lui, le grand platane du voisin frémissait dans le vent d'autan, et lâchait encore ses feuilles.

Elle achète un pot de miel à quatre euros à Limoges : sa voisine apicultrice le retourne et lit trois pays à voix haute

Elle achète un pot de miel à quatre euros à Limoges : sa voisine apicultrice le retourne et lit trois pays à voix haute

Il était un peu plus de dix-huit heures, un mardi de septembre, et la lumière tombait en biais sur la toile cirée jaune. Nadine venait de poser son sac de courses sur la chaise. Le pot de miel a roulé, cogné le sucrier avec un petit bruit sec. Par la fenêtre ouverte, elle entendait déjà sa voisine Hélène refermer le portillon du jardin.

Il quitte Paris pour un village de Dordogne en septembre : trois semaines plus tard, il écrit au maire contre le coq du voisin

Il quitte Paris pour un village de Dordogne en septembre : trois semaines plus tard, il écrit au maire contre le coq du voisin

Il était cinq heures dix, la fenêtre de la chambre restait entrouverte sur la nuit tiède de septembre. Thierry fixait le plafond aux poutres sombres, les yeux grands ouverts, le cœur battant un peu trop vite. De l'autre côté de la haie, le cri a recommencé, rauque, obstiné, presque joyeux. Pour la onzième nuit d'affilée, le coq du voisin venait de le réveiller.

À 70 ans, Monique paie un jeune pour tailler ses haies près de Poitiers : en mai, sa déclaration n'affiche aucun crédit d'impôt sur 900 euros

À 70 ans, Monique paie un jeune pour tailler ses haies près de Poitiers : en mai, sa déclaration n’affiche aucun crédit d’impôt sur 900 euros

Il était un peu plus de huit heures, ce samedi de juin, quand le taille-haie a démarré derrière la maison de Monique, à Buxerolles. Le bruit montait par vagues, s'arrêtait, reprenait. Sur la table de la cuisine, son café refroidissait à côté d'un carnet à spirale. Par la fenêtre, elle voyait les branches de laurier tomber sur la bâche verte, et elle se sentait soulagée.

Il visse un nichoir neuf sur son vieux cerisier près de Bourges en octobre : au printemps, ce sont des moineaux qui s'installent, pas les mésanges

Il visse un nichoir neuf sur son vieux cerisier près de Bourges en octobre : au printemps, ce sont des moineaux qui s’installent, pas les mésanges

Un matin d'octobre, vers dix heures, la rosée collait encore aux bottes de Gérard. Près de Bourges, au fond du jardin, le vieux cerisier perdait ses dernières feuilles rousses. L'escabeau grinçait à chaque marche, la visseuse ronronnait contre l'écorce. Gérard, 69 ans, serrait entre ses genoux un nichoir en pin tout neuf, qui sentait encore la sciure et la promesse.

À 72 ans, Gérard place 50 000 euros pour ses petits-enfants à Annecy : le notaire lui montre la ligne qu'il n'avait jamais lue

À 72 ans, Gérard place 50 000 euros pour ses petits-enfants à Annecy : le notaire lui montre la ligne qu’il n’avait jamais lue

Ce matin de mars, le lac d'Annecy fumait encore sous une brume basse, et la bouilloire sifflait dans la cuisine de Gérard, 72 ans. Sur la table en chêne, il avait étalé les relevés, un stylo bleu, ses lunettes de lecture. Dehors, un voisin raclait le givre de son pare-brise. Gérard relisait pour la troisième fois la même phrase de son contrat, sans vraiment la comprendre.

À 66 ans, elle trouve une chauve-souris accrochée au rideau du salon : son gendre arrive avec un balai et des gants de jardin

À 66 ans, elle trouve une chauve-souris accrochée au rideau du salon : son gendre arrive avec un balai et des gants de jardin

Il était un peu plus de vingt heures, ce mardi d'octobre, quand Monique a reposé sa tasse de tilleul sur le guéridon. La télévision murmurait le journal régional. Un frottement léger, presque un froissement de papier, est venu du côté de la baie vitrée. Elle a levé les yeux vers le rideau de lin beige, et elle a vu une petite forme brune, immobile, accrochée tout en haut.

Il fait réparer son vieil aspirateur chez le dépanneur de son quartier à Reims : trois semaines plus tard, il découvre un bonus jamais proposé

Il fait réparer son vieil aspirateur chez le dépanneur de son quartier à Reims : trois semaines plus tard, il découvre un bonus jamais proposé

Le moteur toussa une dernière fois, puis un claquement sec résonna dans le couloir de l'appartement, rue de Vesle. Il était dix-neuf heures, ce mardi de novembre, et Gérard tenait encore le tube de l'aspirateur à la main. Une odeur de plastique chaud montait du boîtier gris. Sur le parquet, une traînée de poussière attendait, immobile, que quelqu'un décide de la suite.

Elle règle son thermostat connecté à 16 degrés chaque nuit près de Nantes : en janvier, sa facture d'électricité n'a pas bougé d'un euro

Elle règle son thermostat connecté à 16 degrés chaque nuit près de Nantes : en janvier, sa facture d’électricité n’a pas bougé d’un euro

Il est 22 h 40, à Saint-Sébastien-sur-Loire, et la maison sent encore la peinture fraîche. Claire, 38 ans, fait glisser son pouce sur l'écran de son téléphone, le thermostat émet un petit bip dans l'entrée. Seize degrés jusqu'à six heures du matin. Sous ses pieds nus, le carrelage reste tiède, comme une pierre au soleil en fin de journée.

À 74 ans, elle nourrit chaque soir le chat roux de sa résidence : un matin, la mairie de Perpignan lui écrit pour lui demander d'arrêter

À 74 ans, elle nourrit chaque soir le chat roux de sa résidence : un matin, la mairie de Perpignan lui écrit pour lui demander d’arrêter

Il est dix-neuf heures passées, et la lumière orange de Perpignan s'accroche encore aux façades de la résidence. Odette descend les trois marches du hall, une coupelle en grès dans une main, un sachet de croquettes dans l'autre. Le sachet crisse. Sous la haie de lauriers, deux yeux jaunes s'allument, puis une silhouette rousse se faufile entre les poubelles vertes, la queue droite comme un point d'exclamation.

Il bouche toutes les grilles d'aération de sa maison de Metz : en février, des taches noires grimpent derrière l'armoire de la chambre

Il bouche toutes les grilles d’aération de sa maison de Metz : en février, des taches noires grimpent derrière l’armoire de la chambre

Le rouleau de ruban adhésif argenté crissait dans le silence du couloir, un dimanche de novembre, vers dix heures. Thierry, 58 ans, collait une bande sur la grille de la salle de bains, puis la lissait du pouce. Dehors, la pluie fine de Metz tapait sur les volets. Sur le palier, sa femme Nadine regardait faire, une tasse de café tiède entre les mains.

Il scie les branches du chêne voisin au-dessus de sa terrasse : le soir même, le propriétaire sonne et parle de dommages à réparer

Il scie les branches du chêne voisin au-dessus de sa terrasse : le soir même, le propriétaire sonne et parle de dommages à réparer

Samedi, dix heures et demie, près d'Angers. La scie égoïne mordait l'écorce avec un bruit sec, régulier, et la sciure tombait en pluie fine sur les lames de bois de la terrasse. Perché sur l'escabeau, Thierry sentait la sueur couler sous sa casquette. Au-dessus de lui, le chêne du voisin étendait ses bras comme il le faisait depuis des décennies.

Il ramasse chaque octobre les feuilles mortes de sa pelouse près de Tours : au printemps, ses massifs nus lui réclament trois sacs de terreau

Il ramasse chaque octobre les feuilles mortes de sa pelouse près de Tours : au printemps, ses massifs nus lui réclament trois sacs de terreau

Le râteau grattait la pelouse humide, un samedi d'octobre, vers neuf heures. Près de Tours, dans le lotissement encore silencieux, Gérard, 64 ans, poussait les feuilles de l'érable en tas réguliers. Le sac vert se gonflait, l'odeur de terre mouillée montait jusqu'à lui. Il ne savait pas encore que ce geste, répété depuis douze ans, lui coûtait chaque printemps.

Il accroche deux panneaux solaires à son balcon de Grenoble : trois semaines plus tard, une lettre du syndic exige leur démontage

Il accroche deux panneaux solaires à son balcon de Grenoble : trois semaines plus tard, une lettre du syndic exige leur démontage

Samedi, dix heures, le soleil frappait déjà la façade sud de la résidence de l'Île Verte, à Grenoble. Sur son balcon du quatrième, Karim serrait le dernier collier de fixation autour de la rambarde, une clé plate entre les dents. Derrière la baie vitrée, la radio jouait doucement. Il a branché le câble sur la prise extérieure, puis il a regardé le petit boîtier s'allumer en vert.

Elle passe son plan de travail en marbre au vinaigre blanc chaque soir : trois mois plus tard, des auréoles mates refusent de partir

Elle passe son plan de travail en marbre au vinaigre blanc chaque soir : trois mois plus tard, des auréoles mates refusent de partir

Il était presque vingt-deux heures, et la fenêtre de la cuisine laissait entrer le chant obstiné des cigales du jardin voisin. Claire, 41 ans, versait un trait de vinaigre blanc dans son pulvérisateur, puis le pressait trois fois au-dessus du marbre. L'odeur piquante montait aussitôt. Elle passait l'éponge en larges cercles, satisfaite, comme chaque soir depuis le printemps.