Il brûle ses feuilles mortes au fond de son jardin près de Bourges : le lundi, la mairie lui écrit et parle de 450 euros

Il brûle ses feuilles mortes au fond de son jardin près de Bourges : le lundi, la mairie lui écrit et parle de 450 euros

Samedi, neuf heures et demie, près de Bourges. Le brouillard traînait encore sur la pelouse quand Gérard a craqué l'allumette au fond du jardin. Les feuilles de chêne, humides, ont d'abord sifflé, puis une fumée grise et épaisse est montée droit au-dessus de la haie de thuyas. Il s'est appuyé sur sa fourche, satisfait, une tasse de café tiède posée sur le muret.

Il solde le prêt de sa maison près de Rennes avec l'héritage de sa tante : sur le décompte, 1 900 euros de pénalités l'attendent

Il solde le prêt de sa maison près de Rennes avec l’héritage de sa tante : sur le décompte, 1 900 euros de pénalités l’attendent

Il était sept heures moins le quart, et la pluie fine de novembre tapait sur le velux de la cuisine, à Bruz. Yannick, 58 ans, tournait sa cuillère dans un bol de café trop chaud. Devant lui, une enveloppe de la banque, ouverte à moitié. Il avait reconnu le logo avant même ses lunettes, et il souriait, parce qu'il croyait savoir ce qu'elle contenait.

Elle pose un bouquet de lys sur la commode pour la Toussaint : au matin, son chat a le bout du nez couvert de pollen orange

Elle pose un bouquet de lys sur la commode pour la Toussaint : au matin, son chat a le bout du nez couvert de pollen orange

Le radiateur cliquetait doucement dans le salon, et dehors, la pluie de novembre tapait contre les volets de la petite maison de Joué-lès-Tours. Il était à peine sept heures. Brigitte, 58 ans, descendait l'escalier en peignoir quand elle a vu Filou assis sur le tapis, immobile, le bout du nez barbouillé d'une poudre orange vif.

Elle fait poser six kilowatts-crête de panneaux sur son toit près de Perpignan : en septembre, le relevé de l'été affiche à peine quarante euros

Elle fait poser six kilowatts-crête de panneaux sur son toit près de Perpignan : en septembre, le relevé de l’été affiche à peine quarante euros

Le facteur a déposé l'enveloppe vers onze heures, entre une publicité de pizzeria et le journal de la commune. Sur la terrasse, Sylvie a posé sa tasse sur la table en fer, le carrelage déjà tiède sous ses pieds nus. Au-dessus d'elle, les panneaux brillaient dans le ciel de septembre. Elle a déchiré le papier, lu la ligne du bas, puis l'a relue.

Il tond sa pelouse chaque dimanche à onze heures depuis douze ans : un matin, une feuille surlignée l'attend dans sa boîte aux lettres

Il tond sa pelouse chaque dimanche à onze heures depuis douze ans : un matin, une feuille surlignée l’attend dans sa boîte aux lettres

Dimanche, onze heures moins cinq, dans un lotissement de Changé, près du Mans. Gérard tire sur le lanceur de sa tondeuse, le moteur tousse puis rugit, l'odeur d'essence monte dans l'air encore frais. Sur la haie, un merle s'envole. Gérard avance en lignes droites, comme chaque semaine depuis douze ans, sans savoir que derrière le grillage, quelqu'un regarde sa montre.

Il brûle le cerisier abattu au printemps dans son jardin du Doubs : en une soirée, la vitre du poêle devient noire et le salon sent la fumée

Il brûle le cerisier abattu au printemps dans son jardin du Doubs : en une soirée, la vitre du poêle devient noire et le salon sent la fumée

Début novembre, vers dix-neuf heures, la nuit tombait déjà sur les toits de Saône, à quelques kilomètres de Besançon. Thierry, 58 ans, a craqué l'allumette, glissé deux bûches de cerisier dans le foyer et refermé la porte vitrée avec ce petit claquement familier. Les flammes ont hésité, puis sifflé. Une heure plus tard, la vitre était noire et le salon sentait le feu de camp mouillé.

Il s'offre une sieste d'une heure et demie chaque après-midi près de La Rochelle : depuis septembre, il fixe le plafond jusqu'à deux heures du matin

Il s’offre une sieste d’une heure et demie chaque après-midi près de La Rochelle : depuis septembre, il fixe le plafond jusqu’à deux heures du matin

Il est quatorze heures dix, et le store de la véranda grince en descendant. Dehors, à Aytré, le vent de La Rochelle fait claquer une drisse contre un mât de voisin. Gérard, 63 ans, retire ses chaussures, tapote le coussin du canapé et pose la télécommande sur l'accoudoir. Il se dit qu'il a bien mérité ça, après quarante-deux ans de réveils à cinq heures.

Il ramasse chaque octobre les noix du voisin tombées sur sa pelouse : cette année, c'est la perche contre la haie qui fait venir le voisin

Il ramasse chaque octobre les noix du voisin tombées sur sa pelouse : cette année, c’est la perche contre la haie qui fait venir le voisin

Il était un peu plus de neuf heures, ce samedi d'octobre, et la rosée collait encore aux semelles. Sur la pelouse de Bernard, derrière la maison de Malemort, près de Brive, les noix craquaient sous ses pas. Il s'est penché, a rempli son seau en zinc, puis a attrapé la longue perche de bambou appuyée contre le grillage.

Elle retrouve le sac d'Halloween éventré au pied de l'escalier : son chien a laissé le chocolat et n'a mâché que les chewing-gums sans sucre

Elle retrouve le sac d’Halloween éventré au pied de l’escalier : son chien a laissé le chocolat et n’a mâché que les chewing-gums sans sucre

Sept heures moins le quart, la cuisine sentait encore la citrouille brûlée de la veille. Sur le carrelage, près de la porte-fenêtre, des papiers orange et violets étaient éparpillés comme après une fête. Claire a posé sa tasse sans la boire. Pistache, le labrador de la maison, remuait la queue au milieu du désordre, une feuille d'aluminium collée à la truffe.

Il paie depuis deux ans le loyer de sa fille étudiante à Lyon : un collègue lui pose une question sur sa déclaration de revenus

Il paie depuis deux ans le loyer de sa fille étudiante à Lyon : un collègue lui pose une question sur sa déclaration de revenus

Le néon de la salle de pause grésillait au-dessus du distributeur, et Thierry tournait sa cuillère dans un gobelet de café trop chaud. Il était midi vingt, un mardi d'avril, dans l'atelier de maintenance d'une usine de la vallée du Gier. Devant lui, un formulaire froissé, un stylo bille qui accrochait. À côté, Karim mâchait un sandwich et lisait par-dessus son épaule.

Elle jette ses gobelets compostables dans le bac du jardin près de Montpellier : six mois plus tard, elle les retrouve presque intacts sous les épluchures

Elle jette ses gobelets compostables dans le bac du jardin près de Montpellier : six mois plus tard, elle les retrouve presque intacts sous les épluchures

Le soleil de mars tapait déjà sur la haie de lauriers, à Castelnau-le-Lez, un samedi vers dix heures. Claire a soulevé le couvercle du composteur, une odeur tiède de sous-bois est montée. La fourche a plongé dans le terreau sombre, puis elle a accroché quelque chose de lisse et de pâle. Une barquette, presque entière, encore pliée sur ses bords.

Elle télétravaille trois jours par semaine sur la table de sa cuisine : chaque soir, ses mails la suivent jusqu'à l'assiette du dîner

Elle télétravaille trois jours par semaine sur la table de sa cuisine : chaque soir, ses mails la suivent jusqu’à l’assiette du dîner

Dix-huit heures quarante, la hotte ronronne au-dessus des pâtes qui frémissent. Sur la table de la cuisine, entre la corbeille de fruits et un paquet de serviettes, l'ordinateur portable reste ouvert, l'écran un peu trop lumineux dans la pénombre. Claire, une cuillère en bois dans une main, fait défiler ses mails de l'autre. Elle se dit qu'elle en lit encore un, juste un.

Près de Saumur, ses petits-enfants laissent filer un hérisson en plein après-midi : trois jours plus tard, elle le retrouve immobile sous le laurier

Près de Saumur, ses petits-enfants laissent filer un hérisson en plein après-midi : trois jours plus tard, elle le retrouve immobile sous le laurier

Il était un peu plus de quinze heures, ce mercredi de fin octobre, et le soleil bas allongeait l'ombre du pommier sur la pelouse. Dans la cuisine, la bouilloire commençait à siffler. Dehors, Jules a crié le premier, puis sa sœur Lina l'a rejoint en courant, les bottes pleines de feuilles mouillées. Au milieu de l'herbe, une petite boule brune trottinait sans se presser.

Elle achète un lave-vaisselle d'occasion à un voisin près de Strasbourg : deux mois plus tard, l'eau reste froide et le vendeur répond « vendu en l'état »

Elle achète un lave-vaisselle d’occasion à un voisin près de Strasbourg : deux mois plus tard, l’eau reste froide et le vendeur répond « vendu en l’état »

Il était un peu plus de vingt et une heures, ce mardi de mars, à Illkirch-Graffenstaden. Camille a ouvert la porte du lave-vaisselle, et un nuage tiède aurait dû lui monter au visage. Rien. Les assiettes étaient grasses, les verres voilés, et l'eau stagnait au fond de la cuve, froide comme celle du robinet. Elle a refermé doucement, comme si le geste pouvait changer quelque chose.

Elle rapporte du parc un sac de marrons pour décorer sa table : le lendemain, son jeune chien vomit deux fois sur le tapis du salon

Elle rapporte du parc un sac de marrons pour décorer sa table : le lendemain, son jeune chien vomit deux fois sur le tapis du salon

Le parc de la Colombière sentait la feuille mouillée, un dimanche d'octobre vers seize heures. Claire, 38 ans, se penchait sous les grands arbres, ramassant des marrons luisants qui craquaient dans le sac en papier. À ses pieds, Pistache, un jeune border collie de sept mois, tirait sur sa laisse en reniflant chaque bogue ouverte. Elle souriait déjà à l'idée de sa table décorée.

Il monte un abri de jardin de quinze mètres carrés près de Montpellier : six ans plus tard, le notaire suspend la vente de sa maison

Il monte un abri de jardin de quinze mètres carrés près de Montpellier : six ans plus tard, le notaire suspend la vente de sa maison

Le samedi matin, vers huit heures, la visseuse de Thierry résonnait déjà au fond du jardin, à Castelnau-le-Lez. L'odeur de pin traité montait des planches empilées sur la pelouse encore humide. Sa femme, Nadia, apportait le café dans deux tasses dépareillées, en évitant les tasseaux qui traînaient. Ce printemps-là, l'abri prenait forme, et personne n'imaginait qu'il reviendrait un jour les hanter.

Il rallume son poêle à bois pour la première flambée d'octobre : son assureur lui réclame un certificat qu'il n'a jamais songé à demander

Il rallume son poêle à bois pour la première flambée d’octobre : son assureur lui réclame un certificat qu’il n’a jamais songé à demander

Le petit bois craquait déjà dans le foyer, un dimanche d'octobre, vers dix-huit heures. Dehors, la brume montait des prés vers les monts Dôme, et Gérard, 58 ans, refermait la porte vitrée du poêle avec ce geste lent qu'il répète chaque automne. L'odeur de fumée tiède emplissait le salon. Sur la table, une enveloppe de son assureur attendait, encore fermée.

Il bêche son potager chaque fin octobre près de Chartres depuis vingt ans : au printemps, sa terre colle aux bottes comme jamais auparavant

Il bêche son potager chaque fin octobre près de Chartres depuis vingt ans : au printemps, sa terre colle aux bottes comme jamais auparavant

Fin octobre, sept heures et demie, une brume grise couvrait encore les champs autour de Chartres. Gérard enfila ses bottes vertes sur le seuil, attrapa la bêche appuyée contre le cabanon et l'enfonça d'un coup de talon. La lame entra dans la terre avec un bruit mat, presque mou. Derrière la haie, un merle fouillait les feuilles tombées du noyer.

Il bouche au ruban adhésif les grilles de ses fenêtres neuves près de Lille : en décembre, des taches noires couvrent le plafond de la chambre

Il bouche au ruban adhésif les grilles de ses fenêtres neuves près de Lille : en décembre, des taches noires couvrent le plafond de la chambre

Sept heures du matin, fin novembre, dans une maison de briques à Marcq-en-Barœul. Le radiateur de la chambre cliquetait en chauffant, et Thierry, 58 ans, passait le doigt sur le haut de la fenêtre neuve. Un léger souffle froid lui caressait la peau. Il est descendu chercher le rouleau de ruban adhésif gris dans le tiroir du garage, persuadé de tenir enfin la solution.

Il dépose son aspirateur-balai chez l'artisan du bourg près d'Auxerre : sur la facture de 89 euros, la ligne du bonus réparation n'apparaît nulle part

Il dépose son aspirateur-balai chez l’artisan du bourg près d’Auxerre : sur la facture de 89 euros, la ligne du bonus réparation n’apparaît nulle part

Un mardi de novembre, vers huit heures, l'aspirateur-balai de Gérard s'est tu au milieu du couloir, dans un claquement sec. Une odeur de plastique chaud a flotté au-dessus du carrelage. Gérard, 67 ans, a appuyé trois fois sur la gâchette, puis a posé l'appareil contre le mur, à côté des bottes. Dans la cuisine, la radio continuait de parler de météo.

À 77 ans, Monique paie toujours sa taxe foncière près de Bourges : sa voisine, dans une maison identique, ne reçoit plus rien depuis deux ans

À 77 ans, Monique paie toujours sa taxe foncière près de Bourges : sa voisine, dans une maison identique, ne reçoit plus rien depuis deux ans

Le facteur passe vers onze heures, rue des Tilleuls, à Saint-Doulchard, et sa mobylette tousse toujours devant le numéro 14. Ce matin de septembre, Monique l'entend s'arrêter, puis repartir. Dans la boîte, une enveloppe blanche à fenêtre, celle qu'elle reconnaît sans l'ouvrir. De l'autre côté de la haie, Jeannine étend son linge et lui fait un signe, sans enveloppe à la main.

Il achète un téléphone « comme neuf » à un particulier près de Lille : six semaines plus tard, la batterie lâche et le vendeur ne répond plus

Il achète un téléphone « comme neuf » à un particulier près de Lille : six semaines plus tard, la batterie lâche et le vendeur ne répond plus

Un samedi de mars, vers onze heures, Théo attendait sur le parking d'un supermarché de Villeneuve-d'Ascq, moteur coupé, la pluie fine crépitant sur le pare-brise. Une silhouette en doudoune a frappé à la vitre. Dans une petite boîte blanche, un téléphone sans une rayure. Théo a allumé l'écran, vérifié l'appareil photo, compté les billets, puis il est reparti en se disant qu'il venait de faire quelque chose de bien.

Il coupe les radiateurs des chambres de ses enfants partis près de Saint-Étienne : en décembre, une tache noire grimpe sur le mur du salon

Il coupe les radiateurs des chambres de ses enfants partis près de Saint-Étienne : en décembre, une tache noire grimpe sur le mur du salon

Le café coulait dans la cuisine, un mardi de décembre, vers sept heures. Dehors, le givre blanchissait la haie du pavillon de Saint-Genest-Lerpt, au-dessus de Saint-Étienne. Gérard poussa le canapé pour récupérer la télécommande tombée derrière. Il resta penché, la main sur l'accoudoir, à regarder le bas du mur. Une tache sombre, grande comme une assiette, montait vers la plinthe en dessinant des points noirs serrés.

Elle trouve chaque matin des crottes noires sous son volet roulant près d'Angers : ce qu'elle a découvert dans le coffre l'oblige à attendre

Elle trouve chaque matin des crottes noires sous son volet roulant près d’Angers : ce qu’elle a découvert dans le coffre l’oblige à attendre

Il était sept heures, la bouilloire commençait à siffler, et Monique remontait le volet de la chambre d'un geste machinal. Le moteur ronronna, puis toussa une seconde, comme toujours. Sur l'appui de fenêtre en tuffeau, elle vit encore ces petits grains noirs, secs, alignés comme du riz brûlé. Dehors, au-dessus du jardin de Trélazé, les martinets criaient déjà.